Régie par la Loi du 1er Juillet 1901, sans but lucratif.
Président Jean Pierre Seurat
Objet
L'Association s'adresse à tous ceux qui dans le monde entier défendent
"les vraies valeurs de l'Art".
Au sein d'un comité de réflexion et de soutien, nous défendons les artistes
authentiques qui présentent une oeuvre novatrice, sous le signe de la
tradition.
Ses moyens d'action sont la création d'un site internet, de conférences,
de livres, de CD, l'organisation de manifestations et d'expositions.
Le véritable artiste subit dans notre monde actuel trop de contraintes,
de difficultés, d'enjeux politiques ou financiers. Nous devons l'aider,
le soutenir, le protéger pour lui permettre de s'épanouir.
Nous rejetons les phénomènes d'une mode stupide, les dégénérés de l'art,
qui présentent une oeuvre provocatrice, décadente et vulgaire.
Cotisation annuelle : 40 euros
pour obtenir une carte de Membre Actif, recevoir toutes les informations
concernant les activités auxquelles vous pouvez participer et nos conseils
qui s'adressent aux artistes, collectionneurs et professionnels de l'art.

"Les Amateurs d'Art"
Honoré Daumier - Musée des Beaux Arts, Montréal
Conférence
"L'art de voir, mieux comprendre la peinture"
Le monde de l'art est vaste. Nous allons essayer de mieux
comprendre la peinture, à travers l'esprit des Impressionnistes, car ce
sont eux les précurseurs de l'art moderne, ceux qui ont le plus influencé
les peintres d'aujourd'hui. Le sujet est à la fois complexe et subjectif.
Notre regard sur la peinture n'est plus le même que celui des Impressionnistes,
beaucoup de choses ont changé.
L'oeil a besoin d'une "accoutumance", ce qui était nouveau et choquant
à l'époque est devenu traditionnel aujourd'hui. Les modernes sont devenus
classiques.
La peinture est un langage. Sa compréhension est une source de joies,
de découvertes.
Nous avons trop tendance quand nous parlons de peinture à nous fier à
notre première impression, sans autre raisonnement, nous jugeons par instinct.
Si la peinture nous plait, nous l'admirons, nous éprouvons du plaisir
à la regarder. Si elle ne nous plait pas, on la rejette. Nous sommes souvent
trop catégoriques, sans pouvoir l'expliquer.
La peinture, c'est l'art des contradictions, c'est pourquoi nous avons
besoin de références, de repères. Nous ne détenons pas de vérités, de
certitudes.
L'initiation dans ce domaine n'existe pas. Seules quelques clés permettent
d'accéder à ce langage secret et satisfaire notre curiosité. Tous les
goûts sont dans la nature, à nous d'affirmer, d'exercer le nôtre.
Au temps des Impressionnistes, l'art a éclaté vers des visions nouvelles.
Depuis une cinquantaine d'années, l'art s'est atomisé en de multiples
courants, le plus souvent éloignés de tout idéal.
Nous vivons une période troublée, de rejets, de destruction de l'image
de la beauté.
Nous rejetons l'imposture, le massacre de l'art véritable. Cette forme
de barbarie insidieuse et sournoise qui nous fait croire à une prétendue
innovation artistique.
"J'ai l'impression que mon monde n'existe plus. Je ne comprends rien à
notre époque. C'est comme si la laideur avait envahi la planète" (Balthus)
Pourquoi remettre en question les notions d'art essentielles à
notre culture ?
L'éducation artistique est l'épanouissement de notre personnalité. Elle
est de plus en plus compromise par la dégradation de notre environnement,
par l'enseignement du non-art, du "bas-art", du pouvoir des médias, de
la presse, de la télévision, de la publicité qui nous polluent l'esprit,
nous abrutissent, nous crétinisent, annihilent notre sens critique. Seule
une minorité continue à défendre les vraies valeurs de l'art.
L'art s'étiole faute d'être nourri par la passion. Les sources de l'imagination
semblent taries. La mémoire visuelle s'est atrophiée. L'ingéniosité remplace
le génie. Le bizarre remplace la sincérité et l'émotion. L'art est le
reflet de notre époque.
Que sont devenus "les Beaux Arts" ? Sommes-nous dans une période de décadence,
de transition ou déjà nous amorçons une nouvelle renaissance ? Le véritable
artiste est-il "une espèce en voie de disparition ?" La création reste
un mystère. Si l'on peut définir les éléments essentiels qui constituent
une oeuvre d'art, en déterminer ses règles et ses lois, nous aurons en
main une partie de ce mystère. Comment peut-on expliquer la fascination
que l'on a devant certains chefs-d'oeuvre ? "Un tableau pour être complet
doit apporter la joie des yeux qui attire, la joie de l'esprit qui captive,
la joie du cœur qui retient". (Paul Valéry) Que faire devant un tableau
? Prendre son temps, chercher à le regarder autrement, énumérer les différentes
qualités que l'on devrait y trouver et dont nous allons parler.
La sincérité de l'émotion
Un peintre cherche toujours à exprimer, à transmettre son émotion. Pour
quelle soit réelle et ressentie par le spectateur, il faut avant tout
quelle soit sincère. "On n'est jamais ni trop scrupuleux, ni trop sincère,
ni trop soumis à la nature" (Cézanne). Le peintre est un témoin de son
temps. Son message doit être simple et clair, compréhensible pour tous.
Prenons l'exemple de Claude Monet, le Père de l'Impressionnisme."Interpréter
la peinture suivant sa sensibilité, sa personnalité, tout en gardant sa
fraîcheur, sa spontanéité, son authenticité ". De nos jours la sensibilité
et la sincérité de l'artiste sont souvent bafouées.
La Personnalité
La règle veut que la personnalité soit un aboutissement. Dire d'un artiste
qu'il a un style personnel, c'est un vrai compliment. C'est l'une des
plus belles qualités qu'un peintre puisse avoir, quand on reconnaît immédiatement
son style, sa facture. Voyez des styles très marqués : Cézanne, Dufy,
Gauguin, Matisse, Modigliani, Picasso, Renoir, Seurat, Van Gogh…Sans chercher
à se singulariser, en restant soi-même, on peut y parvenir, à force de
travail et de persévérance, en cumulant le plus grand nombre de qualités
possibles. La peinture devient aussi personnelle que l'écriture.
La personnalité dépend de nos origines, de notre milieu familial, de notre
entourage, de notre environnement. Il n'y a pas de regard vierge. "A deux
ans nous avons un livre d'images, à quatre ans une boite de couleurs,
à huit ans un professeur de dessin, à douze ans on nous promène dans les
expositions ou les musées, sans oublier toutes ces heures passées devant
la télévision. Nos goûts, nos idées sont influencés avant d'avoir atteint
l'âge de raison. Plus tard, en copiant les maîtres sans chercher à les
imiter, nous pouvons trouver notre propre style, notre propre facture,
sans renier pour autant nos origines" (Armand Drouant) Le don pictural
se manifeste par une grande habilité manuelle. Beaucoup de grands artistes
ont fait preuve d'une évidente virtuosité. Toutefois, le génie créateur
ne se situe pas à ce niveau, il peut même totalement s'en passer. On trouve
des virtuoses du pinceau parmi de médiocres dessinateurs. La création
est une affaire de tête avant d'être une prouesse de la main.
Beaucoup de conceptions soi-disant modernes reposent le plus souvent sur
des idées oubliées ou délaissées. Ça fait nouveau, mais c'est vieux comme
le monde. Certains pensent être personnel, ne rien devoir à personne,
ne pas faire du déjà vu, alors que leurs tentatives, leurs recherches,
leurs inventions créent la confusion sans rien apporter de novateur. Autrefois
la vie était différente, plus propice à la bohème. On prenait le temps
d'apprendre, de réfléchir, de réaliser. Les artistes étaient moins nombreux.
Les amateurs étaient de vrais amateurs, dans le sens du verbe aimer. Quand
ils achetaient un tableau, ils ne pensaient pas à l'argent, à la plus-value
possible. "Un connaisseur sait découvrir dans les œuvres d'art toutes
les beautés qu'elles renferment et mêlent le goût au jugement" (Callistrate)
Aujourd'hui les spéculateurs, les faux amateurs d'art ne veulent plus
être en reste, dès qu'un peintre brille par une soi-disant originalité,
lancé par un coup publicitaire ou médiatique, ils pensent avoir découvert
l'oiseau rare, qui souvent se révèle être un canard boiteux ! Pour éviter
cette confusion, apprenons à être plus sélectif, plus exigent et à reconnaître
les vraies personnalités.
Un peintre doit avoir sa propre manière, son propre style qui évolue au
cours d'une vie. S'il en change souvent, il ne l'a pas encore trouvé.
S'il n'en change plus, il n'évolue plus, il devient trop répétitif, son
style devient un système qui lasse ses admirateurs. La personnalité s'acquiert
par l'effort après avoir franchi l'initiation des maîtres.
La technique
Pas de grands peintres sans une excellente technique. Pas de grands musiciens
sans une parfaite connaissance du solfège. L'art de la peinture à l'huile
remonte au XVème siècle, depuis son invention par Jan Van Eyck. A l'époque,
on devenait peintre après 13 années d'apprentissage. Le Maître professait
quatre règles : observer, analyser, déduire, expérimenter. De nos jours,
le rythme de vie trop rapide, nos besoins ne nous permettent plus de prendre
notre temps. Cette vie trépidante a bouleversé nos habitudes de vie. Nos
artistes doivent reprendre loin du bruit et de l'agitation la leçon des
maîtres anciens, maîtriser le mieux possible les différentes techniques
tout en profitant des progrès de la science et de l'utilisation des nouveaux
produits.
Il n'y a pas une manière de peindre, mais une manière pour chaque peintre,
qui choisira son propre mode d'expression tout en respectant les bases
techniques. Sans vouloir donner un cours de peinture, le plus souvent
on conseille la préparation de la toile en plusieurs couches bien blanches.
Un bon dessin, puis une ébauche de couleurs chaudes diluées à l'essence,
tel un lavis sans utilisation de blanc, en recherchant à placer les volumes
et les masses. Ce "fond de teint" étant placé sur toute la surface du
tableau, on peut procéder à la règle " gras sur maigre ", qui petit à
petit donne du corps au tableau, en utilisant de l'essence et de l'huile
ou un médium pour lier les couleurs et leur donner un maximum d'intensité.
Il est certain que si l'on ne respecte pas certaines règles, le tableau
se dégradera rapidement, apparition d'embus, de couleurs qui passent ou
qui foncent, de craquelures…
Le dessin
"Dessiner ne veut pas dire simplement reproduire les contours, le dessin
ne consiste pas seulement dans le trait, le dessin c'est encore l'expression,
la forme intérieure, le plan, le modelé. Le dessin comprend tout sauf
la couleur". (Ingres) La composition graphique règle la direction des
lignes, c'est le contour ou l'arabesque. La composition des volumes, c'est
la répétition des masses, leur étendue. La composition de la lumière,
c'est l'étude des parties sombres ou éclairées, c'est le modelé qui donne
la vie au dessin. "Le secret n'est point d'abréger mais d'amplifier, de
prolonger la sensation" (Delacroix). Les dessins, les études constituent
les "notes" indispensables à l'exécution d'un tableau.
La perspective
"La perspective est la première chose qu'un peintre doit apprendre pour
savoir mettre chaque chose a sa place". (Léonard de Vinci)
C'est l'intelligence du dessin, sa qualité, sa justesse, son équilibre
que nous admirons toujours chez les maîtres anciens.
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